Du XIIe siècle au XVIe siècle – La naissance du village de Salinas d’ Añana

La naissance du village de Salinas d' Añana

En 1114, un processus complexe a commencé à Añana, dont la principale conséquence a été l’abandon du réseau de villages indépendants créé entre le VIIIe et le Xe siècle, et le regroupement de l’habitat en un seul noyau qui, avec le temps, a fini par s’appeler Salinas de Añana.

La vallée salée d’Añana qui, après une longue période pendant laquelle elle a fait partie de comtés et d’alfoces successifs, comme celui de la Fortaleza de Termino (Santa Gadea del Cid), a vu comment, au début du XIIe siècle, les rois ont réussi à imposer leur pouvoir.

La solution adoptée tant par Alphonse Ier d’Aragon, qui accorda la charte de la ville vers 1114, que par Alphonse VII de Castille, qui la confirma en 1140, fut d’éviter la confrontation directe avec les principales institutions monastiques établies à Salinas. La tactique suivie consistait à respecter la juridiction des personnes qui relevaient des centres religieux les plus puissants – San Salvador de Oña, Santo Domingo de Silos et San Millán de la Cogolla – et à tenter d’attirer le reste des habitants (aussi bien des villages d’Añana que des environs) en accordant des privilèges à tous ceux qui décidaient « volontairement » de s’installer dans la zone choisie par le roi pour construire la première ville royale du Pays basque.

Après cette concession, la grande majorité des habitants des six villages ont quitté leurs maisons pour aller vivre à l’endroit choisi par le roi pour créer la ville fortifiée de Salinas de Añana, en créant des organes de gouvernement uniques, tant au niveau municipal que dans les salines, pour contrôler la vallée du sel. C’est ainsi qu’est née la Communauté des Caballeros Herederos de las Reales Salinas de Añana, dont la gestion était confiée à deux personnes périodiquement élues : l’une d’elles défendait les intérêts des propriétaires dans le secteur religieux et l’autre dans le secteur laïc.

La stratégie politique semble avoir porté ses fruits, car les activités de production et de commerce se sont considérablement intensifiées. Cependant, sa progression est périodiquement affectée, car elle dépend en grande partie de la fermeté du pouvoir du monarque qui siège sur le trône. En cas de faiblesse du commandement, l’aristocratie en profite pour imposer sa volonté, même par la violence, afin de s’accaparer le maximum de rentabilité économique.

Un exemple clair de la faiblesse royale qui affecta directement Salinas de Añana à certains moments fut la perte de son statut royal en 1308, lorsqu’elle devint partie du domaine de la seigneurie du monastère de Las Huelgas de Burgos. La situation changea à nouveau avec Henri II, qui accorda définitivement la seigneurie de Salinas de Añana à la lignée des Sarmiento, désormais appelés comtes de Salinas.

La ville, comme le reste du territoire, a beaucoup souffert des conflits féodaux qui régnaient dans la région au cours du Moyen Âge tardif. Dans la documentation conservée de cette période, on en trouve des signes évidents dès le XIIIe siècle, et ce sont ces conflits qui ont conduit le conseil de Salinas de Añana à faire partie de la Confrérie de Castille formée en 1295, puis à appartenir à la Confrérie générale de tous les royaumes formée en 1315 et, enfin, à adhérer à la Confrérie d’Álava en 1460.

En ce qui concerne l’activité commerciale, il convient de souligner le conflit permanent entre les différentes salines castillanes pour le contrôle des zones de vente exclusives. Dans cette lutte d’intérêts, les salines d’Añana ont été favorisées à de nombreuses reprises, comme le montrent les privilèges accordés par Alphonse X dans Las Partidas ou par Sancho IV dans les Cortes de Burgos en 1315, où Añana a obtenu le monopole de la vente du sel sur l’actuel territoire du Pays basque et sur une grande partie de la Vieille Castille.