Du XVIe siècle au XIXe siècle – Le monopole du sel
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Le monopole du sel
En 1564, le roi Philippe II s’appropria toutes les salines du royaume par la création de ce qu’on appelle le Monopole du Sel. Bien qu’il ait respecté les anciens privilèges et que la Communauté d’héritiers d’Añana ait pu conserver la propriété, ils ont été contraints de livrer toute la production dans les nouveaux entrepôts royaux et de les exploiter selon des règles strictes marquées par les fonctionnaires du roi qui se sont installés dans la vallée.
L’administration royale et les producteurs eux-mêmes savaient depuis le XVIe siècle au moins que la mine de sel d’Añana pouvait produire beaucoup plus qu’elle ne le faisait, et que cet échec était dû en grande partie aux infrastructures déficientes de la phase précédente. C’est pourquoi, en 1801, les autorités royales, sous la direction de l’architecte général des recettes royales, Juan Manuel de Ballina, ont contraint les propriétaires à procéder à une réforme générale de la vallée salée afin d’améliorer la qualité du sel et d’augmenter sa production en modifiant le système de production.
Au cours du XIXe siècle, et après la fin de l’invasion française qui a retardé les travaux plus que de raison, il convient de mentionner un changement important dans le régime de propriété de la vallée. Il s’agit de la confiscation des biens ecclésiastiques effectuée à Añana en août 1843, qui a entraîné le changement de mains d’un grand nombre de fermes – récemment réformées par les églises et les monastères – qui ont été achetées et vendues et qui, après une spéculation préalable, sont devenues la propriété des anciens travailleurs salariés, provoquant ainsi l’atomisation de la propriété de la vallée.
Enfin, il convient de mentionner, parmi les événements importants de l’histoire de la vallée, les répercussions du renversement d’Isabelle II en 1868 et de la Constitution de 1869, de nature nettement libérale, puisque c’est cette même année que fut adoptée la Ley de Minas, qui mettait en vente toutes les mines de sel de l’État et lançait le processus de déstagnation du sel.
Les principales conséquences de la nouvelle loi ont été, d’une part, la rupture du confortable contrat de 30 000 fanegas que les producteurs de sel d’Añana avaient conclu avec le trésor public et, d’autre part, la libéralisation du secteur, tant au niveau de la production que de la commercialisation. Bien que cette mesure n’ait pas été bien accueillie au début, la réalité est que la concurrence a permis aux salines de connaître une période d’expansion maximale.
Grâce à la forte réforme menée au début du XIXe siècle, la vallée du sel a bénéficié de grands avantages par rapport à ses concurrents, car la production a considérablement augmenté et on a obtenu un sel blanc de grande qualité qui a été présenté aux expositions universelles de Londres (1851 et 1862), de Paris (1855, 1867, 1878 et 1889) et de Philadelphie (1876). Les mines de sel d’Añana sont ainsi restées une entreprise économiquement rentable jusqu’au milieu du XXe siècle.